Co-écrit avec Baïka Zenki
Le kesa est la robe de l’Eveillé. Le rakusu est une évolution de la robe du dessous, c’est donc aussi un kesa. Le kesa est un mandala, c’est une manifestation du dharmakaya, du champ de notre cœur. La forme générale du kesa est celle d’un rectangle dont la forme rappelle le champ de riz. La robe cousue de loques est au coeur de notre pratique, qui n’est en rien une parure mais le vêtement du pauvre, la robe de l’ainsi. À l’origine, cette robe est composée de tissus abimés, de haillons qui étaient lavés, teints puis cousus ensemble.
Coudre le kesa est une pratique traditionnelle qui invite à l’humilité, au silence, à la patience, aux mains vides et à l’esprit silencieux. « Un point à la fois, sans attendre de finir quoique ce soit, sans penser avoir jamais commencé » nous dit Taïgu. Un point à la fois : sans rajout, sans diriger, sans décider, sans arrogance ou grandeur d’âme, le tissu en mouvement comme la respiration, rien de rigide ni de fixe, sans début ni fin, le kesa s’ouvre sur l’ouvert. Au-delà de la justesse et de l’erreur, abandonnant injonction et prétention, le kesa accueille toutes formes au-delà de la discrimination.
